Un rêve tara-terre

Publié le :

17 décembre 2021

Publié dans :

Agroalimentaire

Développer une nouvelle filière dans un pays, c’est rare. Le faire de manière inclusive, dans un pays enclavé, c’est encore plus rare ! C’est pourtant ce que SOCODEVI réussit à faire en Bolivie avec la plante de tara.

 

C’est la construction d’une usine de conditionnement des gousses de tara, la première usine de ce genre en Bolivie, qui vient consolider cette filière et assurer des revenus supplémentaires aux familles productrices !

 

 

 

L’inauguration officielle a eu lieu le 4 novembre 2021 à Tomina. Notre directeur général, Jean-Philippe Marcoux, était présent à l’événement pour livrer un discours devant quelque 300 personnes participantes au projet Promavi, employées de Boltrade et représentantes d’Affaires mondiales Canada ou d’autorités locales, régionales et nationales.

 

Cette imposante structure de plus de 2200 m2 représente un investissement de plus de 1,7 million de $ CA propulsé par SOCODEVI dans le cadre du projet PROMAVI (en consortium avec Santé Monde (CCISD).

 

L’usine a une capacité de production de 6000 tonnes par année, ce qui permettra à plus de 2000 familles agricultrices de transformer et de conditionner leur tara.

Amélioration garantie des conditions de vie 

 

 

Les familles de la région aride et reculée du Chuquisaca n’auront plus à marcher deux jours pour aller vendre leurs surplus de patates et d’oignons afin d’empocher un maigre 200 dollars pour l’année.

 

Des comités locaux de productrices et producteurs de tara récoltent les gousses et paient en argent.

 

Les gousses ne sont pas périssables, ce qui en fait une culture indifférente aux nombreux blocages routiers caractéristiques du pays.

 

Les 5 000 familles participantes au projet passeront de 100 à 500 plants de tara chacune. C’est l’équivalent d’un hectare pour produire environ 2 500 kilos de gousse. À 60 cents du kilo, ce sont des revenus de 1 875 $ CA par année, nettement plus que ce qu’elles gagnaient avant avec leurs surplus agricoles.

 

 

«  Nous avons amélioré notre estime personnelle. Les formations du Promavi nous permettent d’être de bonnes leaders et d’aider nos collègues dans les communautés afin qu’elles perdent la peur de donner leur avis, de demander la parole et de participer à toutes les activités ! »

 

SILVIA PADILLA CÉSPEDES

Déléguée du comité local de productrices et de producteurs de tara de l’Alto Seco

 

 

La tara, ingrédient mystère aux nombreuses vertus

 

Cette plante andine, usufruitière des climats secs, est porteuse d’avenir. Elle est très résistante et peut vivre 80 ans. Elle améliore la qualité des sols en fixant l’azote et l’air, en captant du carbone. En plus, les plantations de tara favorisent la lutte contre la désertification et la biodiversité !

 

Les fruits de tara, des gousses, ont diverses utilités. Les écailles sont utilisées pour le tannage de cuir de haute qualité (fauteuils et sièges d’avion, par exemple) : les graines, elles, à des fins cosmétiques ou alimentaires comme ingrédient stabilisateur, un peu comme la gomme de guar.

 

« Le prix des gousses de tara est très volatil. Une fois transformées, on aura un avantage concurrentiel pour exporter en Argentine, où l’industrie du tannage de cuir est immense, puisqu’on pourra y aller en camion », explique Michel Mathieu, chargé de programmes à SOCODEVI.

 

Le projet PROMAVI est financé par le Canada et mené avec Santé Monde (CCISD). De nombreuses actions ont été menées avec les 5000 familles participantes au projet. SOCODEVI est chargée, entre autres, du développement de la filière de la tara.